« J’ai connu le plaisir des night-clubs, j’ai crié, j’ai chanté, j’ai bu. Certes, je reconnus que les chrétiens avaient quelque chose que je n’avais pas. » – témoignage du docteur Clément AKOBE.


Je me souviens d’avoir fait à l’âge de quinze (15) ans, une expérience douloureuse qui pouvait conduire à la mort car nous avions abusé à plusieurs de quelques jeunes filles.

Je fis le lycée d’Agboville (Côte d’Ivoire) où je mettais la différence entre les autres élèves et moi de par mon habillement. Si bien que l’on m’appelait lucifer. Pour eux, j’avais quelque chose de spécial. J’obtenais tout ce que je désirais. Ainsi lorsque j’abordais une jeune fille, celle-ci ne pouvait pas résister à mes avances, j’étais l’un des « businessman » à la fois dupe et grand menteur. De retour à Abidjan en 1984, je fus admis au BAC au lycée moderne de Koumassi. A cette époque, l’étudiant avait une bonne réputation. Je fus logé à la cité Mermoz mais je mangeais quelques rares fois nos repas parce que je ne les trouvais pas digne de moi. Ma chambre était érigée en chambre de débauchés. Je la passais à tous mes amis pour assouvir leur appétit sexuel. Un jour, alors que j’étais revenu en chambre après avoir fumé et m’être enivré dans un night-club, mon voisin de chambre, un musulman très pieux m’interpelait ainsi : « Clément, tu es en train de te faire du mal ». Malgré tout, je continuais ma vie. Je fus le meilleur danseur de disco. Toutes ces aisances en danse, boisson, cigarette etc. m’avaient values le nom de John Travolta. Nos moments se terminaient dans un petit night-club appelé le « 331 » situé dans la commune de Cocody (Côte d’Ivoire). Je ne rentrais à la maison au moment où mes parents partaient pour le travail le matin, je m’endormais jusqu’à quinze (15) heures après le départ des parents pour le travail, cela pendant tous les trois (3) mois de vacances scolaires et universitaires.


Dès que je me levais, je m’habillais et je partais à l’allocodrome puis à l’Hôtel Ivoire pour la matinée dansante accompagné de mes amis. A des moments, nous allions mes amis et moi dans un bar restaurant appelé communément « maquis » à Treichville (commune de la ville d’Abidjan Côte d’Ivoire). Nous y restons soit de seize (16) heures à vingt (20) heures GMT , soit au delà, c’est-à-dire quatre (4) heures du matin. Sur le chemin du retour pour la maison, nous nous arrêtions pour déguster le café des haoussa appelés  »aboki ». Finalement, nous n’arrivions à la maison qu’aux environs de six (6) heures du matin.


Malgré cette vie à outrance, je pleurai un jour, c’était en 1986. De fait, je réalisai pour la 1ère fois qu’il y avait comme un vide en moi. Je sentais qu’il me manquait quelque chose. Ainsi je puis dire comme la parole de Dieu : « tout passe, le monde passe avec ses convoitises mais seul l’amour demeure ». J’expérimentai l’amour de Dieu en octobre 1988 alors que j’allais rendre visite à un frère à « Koumassi » commune de la ville d’Abidjan ; je passais devant une Eglise évangélique lorsque j’entendais quelqu’un prêcher dans une forte onction sur la conversion. Je fus saisi par le message qui disait que la vie de conversion était celle de Dieu et qu’elle était la meilleure de toutes les vies. Le prédicateur avait même donnée une parole de connaissance qui disait ceci : « il y a des jeunes parmi nous qui ont tout expérimenté mais Jésus leur dit qu’il leur manque la vie ». Après cela, je m’avançai sur l’invitation de ce dernier pour recevoir une prière.

Rentré à la maison, je me mis à douter de la véracité de ce qu’avait prêché ce prédicateur alors je renouai avec ma vie d’antan.

Je voudrais souligner que depuis l’année 1981, je fus membre d’une chorale de la paroisse Saint Jean de Cocody sur l’insistance d’un frère et d’un ami. Celui-ci était un séducteur, alors partageant les mêmes penchants que lui, je rentrai dans ladite chorale. Je n’avais pas vraiment de respect pour le sacré, je participais quelques fois aux célébrations eucharistiques totalement ivre.

Mais le 29 janvier 1989, l’une de mes sœurs m’invita à une prière du Renouveau Charismatique Catholique. Ce mot « charismatique » me faisait toujours rigoler. Pourtant je finis par y aller avec elle. Là bas, je fus déçu à cause de l’accoutrement des jeunes gens qui s’y trouvaient. Je vis des jeunes filles démodées portant des sandales, de longues chemises défourrées. Je me mis à murmurer intérieurement contre ma sœur et je me demandais bien quel était ce lieu où elle m’avait trimbalé.

J’essayais de regarder ma sœur, mais elle ne me regardait pas. C’était terrible pour moi. Ce lieu était loin d’être le mien. J’étais habitué à un autre milieu où l’on s’habillait bien. J’étais habillé en « Lacoste » bordeau, j’avais un jeans « 501 », une paire « Alden » et je regardais les gens et cela m’énervait. Je disais que c’était un piège et que cette soeur ne m’aimait pas. Et à un moment de la prière, je regardai à nouveau leur visage, et là je me rendis compte qu’il s’était passé quelque chose. Je vis leur visage devenir lumineux. Je senti que ces personnes avaient un bonheur que moi j’ignorais. Un bonheur différent de celui auquel j’avais pensé. Je me souviens encore que deux (2) jours avant mon BAC, alors que j’étais au night-club quelqu’un me dit: « Va étudier ! ». Je répondis à cette personne qu’elle ne s’inquiète point, que j’obtiendrai mon BAC. 

J’ai connu le plaisir des night-clubs, j’ai connu la joie d’être champion de danse, j’ai connu les femmes, j’ai fréquenté tous les milieux possibles, j’ai crié, j’ai chanté, j’ai bu… Certes, je reconnus quand même que ces gens avaient quelque chose que je n’avais pas. À partir de cet instant, je sentis quelque chose couler sur ma joue. Je me dis que quelqu’un en priant aurait craché sur ma joue ou bien qu’il pleuvait. Je constatai qu’il ne pleuvait pas. Mais que c’était plutôt des larmes qui coulaient. Soudain, je me dis : Clément tu ne pleureras pas devant les gens, tu ne pleureras pas, ce n’est pas possible ! ». Et, à ce même moment, je sentis quelque chose entrer dans mon cœur. Je dirais que j’ai senti une présence dans mon cœur. Une voix douce dans mon cœur qui disait : « C’est le commencement ». Et pendant ce temps, ces jeunes gens et jeunes filles priaient et chantaient en me regardant. Ils étaient tout heureux pendant que moi je vivais un paradoxe. Je demandai une seule chose au Seigneur : que cette prière s’arrête. Et quand cette prière prit fin, je m’empressai de sortir. Mais Jésus s’était déjà installé en mon cœur. 

II – LA RENCONTRE QUI A BOULEVERSE MA VIE
Ce fut le commencement d’une vie. Paul dira à ce propos dans un des Epîtres aux Corinthiens : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ».
J’ai senti une présence en moi. Comme si quelqu’un était entré dans ma vie. Au départ, j’eus le sentiment que Dieu existait pour les frères et sœurs qui y priaient, mais pas pour moi. Néanmoins ce soir là, je le sentis d’une manière profonde et je sus que ma vie ne pouvait plus être la même. Ce fut le commencement d’une aventure d’amour avec le Christ. L’Apôtre Paul dans l’Epître aux Galates dira : « Je suis crucifié avec le Christ et ce n’est plus moi qui vit mais c’est le Christ qui vit en moi, ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi. Car si la justice vient de la loi, c’est donc que le Christ est mort pour rien ».
Je sentis d’une manière forte la présence de Jésus. Cette nuit là, je fis un songe dans lequel, je vis quelqu’un dans une lumière éclatante qui me faisait signe d’avancer, et je me rapprochai de lui.

Dans cette image, il y avait comme un cercle de lumière. Alors, je me suis souvenu de la parole de Jésus qui disait : « Nous sommes chrétiens, nous sommes la lumière du monde ».
Le lendemain, Je repris la lecture des écritures saintes pour savoir ce qui m’était arrivé. Je vis ma vie se bouleverser. Alors j’agonisais, je demandai à Dieu si c’était la mort qui frappait à ma porte. En effet, pour une vie nouvelle, c’était la peur qui m’habitait. Peur de mon lendemain, peur du quand dirait-on (c’est-à-dire ce que diraient mes proches et mes amis). Pour moi, ils penseraient que j’étais devenu fou ! Mais, je m’aperçus à cet instant précis, que Jésus me voulait pour lui.


Jusque là, j’avais vécu pour le monde. Maintenant, je devrais vivre pour Dieu. Les choses se sont tellement précipitées dans ma vie que trois (3) jours après quand je regardais la nature, c’était comme si un voile s’était déchiré. Je voyais les choses d’une manière nouvelle. En effet l’Apôtre Paul nous dira dans son 2ème Epître aux Corinthiens le chapitre 5; v.7 que : « Tous ceux qui sont en Christ sont devenus une nouvelle créature, les choses anciennes sont passées et voici que toute chose devient nouvelle ». Je sentis cette nouveauté de vie, j’ai commencé à chanter les merveilles de Dieu, et la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence envahit mon cœur. Le Dimanche, j’allai à l’Eglise : l’homélie qui autrefois ne me disait absolument rien, avait changé dans mes oreilles. Tout me paraissait bien : la liturgie et tout le reste. Dieu était en train de faire quelque chose dans ma vie. Trois mois après, je me rendis compte que je n’avais ni bu la boisson, ni fumé la cigarette. Ainsi j’arrêtais définitivement de fumer sans m’en rendre compte. Un de mes frères revenu d’Europe au mois d’Avril nous invita dans un bar de la place, il me proposa de prendre un pot. J’optai pour une petite bouteille de limonade. Mon frère étonné de ma commande me demanda: « Clément ! Es-tu malade ? ». Un autre de répondre : « Ne sais tu pas qu’il est devenu chrétien ! » Et, c’est la 1ere fois dans ma vie que quelqu’un disait cela d’un autre en face de moi. Pourtant, celui qui tenait ces propos était déjà baptisé au même titre que mon frère. Alors, il me fixa et dit : « Tu es chrétien, cela signifierait que nous ne boirons plus de boissons alcoolisées ensemble ». Après que j’ai répondu par non, il a renchérit pour me demander si on ne pouvait plus courtiser les femmes et aller au night-club ensemble. Quand je lui ai dit non, il a conclu en me lançant en face : « Pour moi tu es mort ». Et quand il a dit cela, une parole de Saint-Paul m’est venue à l’Esprit. Il s’agissait d’une adresse aux Galates : « Pour le monde, j’ai été crucifié et pour moi aussi le monde aussi a été crucifié ». Galates chapitre 6, 14. Je me rendis compte qu’être chrétien : c’était  »mourir » en ce qui concerne la vie de ce monde. L’Apôtre Jean dira comme pour corroborer les propos pauliniens « Jeunes hommes, n’aimez pas le monde, ni la convoitise qui est dans le monde. Celui qui aime le monde ne peut avoir l’Amour de Dieu ». Je me suis rendu compte que par ces questions je n’étais plus le même Clément. Quelque chose s’était passé. Ma mentalité avait changé. C’est l’Apôtre Paul qui nous apprendra de ne pas nous conformer aux habitudes de ce monde présent, mais de laisser l’Esprit-Saint nous renouveler nous et notre intelligence. Alors, selon lui, nous serons capables de discerner ce qui est bon, ce qui est agréable à Dieu. Les choses anciennes, sont passées et toutes choses sont devenues nouvelles, dit-il.
Moi, je suis bègue peut être pas de naissance. Mais une (1) semaine après que Jésus m’ait touché, je commençai à prêcher l’Evangile. Deux (2) semaines après ma conversion, le groupe dans lequel j’ai été touché par le Seigneur la première fois, m’a demandé de commenter un texte. Lorsque j’ai commenté ce texte sans bégayer, alors tous saisis d’émotions se mirent à couler des larmes. Certes les gens me connaissaient. Ils savaient que je ne connaissais pas Jésus. Ce sont eux qui ont prié pour moi la première fois. Et voici Jésus entre dans mon cœur et que moi je leur prêche l’Evangile. Il y a eu un bruit dans toute la Côte d’Ivoire en commençant par le quartier chic d’Abidjan appelé Cocody du genre :

« Il paraîtrait que quelque chose serait arrivé à Clément AKOBE ».

Et je me souviens qu’en allant à la rencontre de mes amis, l’on me lançait :

On te donne trois (3) mois. On sait que quelque chose s’est passée, mais on te donne 3 mois. Tu ne peux pas te séparer de nous.

Quant à moi, je ne les jugeais pas, car je ne peux pas juger quelqu’un qui vivait comme moi. Je leur parlais de l’Amour de Jésus. Et Dieu merci, beaucoup d’entre eux se sont convertis. A cet instant pour moi, une vie missionnaire avec le christ avait commencé. Des familles m’invitaient à venir rendre témoignage chez eux afin que le Seigneur touche leurs enfants. Les groupes de prière du Renouveau Charismatique m’adressaient des lettres, d’invitation à rendre mon témoignage de conversion. C’est vrai que j’étais un néophyte et non baptisé de surcroît mais le Seigneur agissait, il touchait les âmes. Et je voyais les gens donner leur vie en pleurant : les jeunes filles de mauvaise fréquentation changeaient radicalement de vie. Il opérait des guérisons physiques, il délivrait des âmes possédées et je lui rendais toute la gloire. Ainsi abandonnant l’habitude de veiller dans les nights-clubs, je commençai à veiller dans la prière.

Face à toutes ces merveilles du Seigneur, je me présentai à mon curé, le père Raymond KOUTOUAN pour lui signifier mon désir de suivre le catéchisme. Pensant que c’était une sollicitation pour la confirmation, il me fit des reproches. Je repris en disant : « mon père, ce n’est pas la confirmation mais le baptême ». Lui était si surpris que je ne sois pas baptisé qu’il poussa un grand cri d’étonnement « quoi ! ».
Alors, il me fit inscrire directement en 2ème année de catéchèse.
Aucun de tous ceux qui m’invitaient par le Renouveau à donner mon témoignage à la vigile le 31 Décembre à la Cathédrale, ni de tous ceux qui venaient prier avec moi, ne pouvaient s’imaginer que je n’étais pas baptisé. Le Seigneur a fait des merveilles et je me suis baptisé en Mars 1991 c’est-à-dire deux (2) ans après ma conversion. Cela m’a beaucoup touché et m’a permis de voir encore plus l’Amour de Dieu.
Dieu ne regarde pas les hommes selon leurs apparences mais il regarde le cœur. Sûrement Dieu a vu le cœur d’un jeune-homme qui cherchait le bonheur, la vie. Mais le bonheur, ce n’est pas quelque chose, c’est quelqu’un qui vient à notre rencontre. Et cette personne c’est Jésus de Nazareth. Jésus-Christ m’a montré sa miséricorde. J’ai même pris la communion sans être baptisé, c’est ce qui a étonné mon curé d’alors quand je lui ai dit que je n’étais pas baptisé. Il m’a vu en tant que choriste me lever pour prendre la communion. Jésus de Nazareth) m’a montré sa miséricorde. La parole de Dieu dit que celui qui a été pardonné aime aussi beaucoup. Jésus m’a pardonné, m’a aimé, c’est pourquoi je lui ai totalement donné ma vie. Je lui ai dit : « Seigneur, je n’aime pas la médiocrité, c’est pourquoi dans tout ce que je faisais, j’étais excellent. Je ne te choisis pas pour être moche, encore moins pour être médiocre ». Le Seigneur m’a montré la misère du monde et le Seigneur m’a dit : « Si tu avais continué dans ton péché, c’était la mort éternelle ».
Frère et sœur, il y a une mort éternelle quand on vit loin de Dieu. Quand on vit sans se soucier de Dieu. La mort éternelle peut subvenir plus brutalement ou plus fatalement que la mort naturelle ou la mort physique. Jésus m’a racheté. Jésus a payé le prix sur la croix. Il a versé son sang. Il m’a permis de comprendre qu’il est mort aussi pour moi. Il m’a dit : « J’ai besoin de la jeunesse, j’ai besoin que tu annonces ma parole ».
– « Qu’est-ce que tu veux que je sois, prêtre ?», Lui ai-je demandé.
– « Non », a-t-Il répondu.
– « religieux ?», ai-je insisté. Il est resté dans le silence et j’ai su qu’Il voulait que je reste tel que j’étais. Ce fut le commencement d’une mission, une mission qui a commencé en avion. Lorsque je suis allé en mission pour la première fois dans cet avion je pleurais, je demandais au Seigneur de me dire où Il m’emmenait. Tout s’est bousculé dans mon esprit. Je lui ai dit Seigneur, j’irai partout annoncer la bonne nouvelle. Car en tant que baptisé, nous chrétiens, sommes appelés à proclamer la bonne nouvelle. Il m’a confirmé d’aller partout dans le monde annoncer la bonne nouvelle. Et c’est une aventure qui prendra fin dans l’Eternité. Le Seigneur m’a montré que l’ouvrier n’est pas plus grand que le maître. Et que ce qu’ils ont fait au bois vert, ils le feront au bois sec. J’ai vu des transformations de vie parce que Jésus a transformé ma vie et alors progressivement des jeunes gens et des jeunes filles qui avaient entendu mon témoignage m’ont dit qu’ils voulaient eux aussi témoigner. Alors ce fut le commencement d’une vie communautaire.

Source et copyright – http://fraternite-mariereine.net/index.php/fr/textes/textes-temoignages/168-temoignagne-du-frere-clement-akobe-moderateur

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Publié par Aicha GBANDI

Natacha a une vie chrétienne mystique. Elle porte la vision de la communauté nouvelle "Mère des Affligés" dont elle est présidente fondatrice. Auteure, déjà à l'âge de 23 ans, elle publie 09 livres dont des ouvrages chrétiens sur les thématiques de la sorcellerie, de la divine miséricorde, de la famille. "Mère des Affligés" a pour but l'évangélisation des familles, nations et la valorisation de l'Humain.